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Le harcèlement scolaire : comment le prévenir et lutter contre ?

March 20, 2021

Le harcèlement scolaire : comment le prévenir et lutter contre ?

Définition et quelques chiffres :

Insultes, moqueries, humiliations, bousculades, le harcèlement scolaire se définit comme des sévices répétés qui peuvent êtres verbales, physiques ou psychologiques au sein de l'établissement scolaire. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut pas se défendre, cela peut même continuer en dehors de l'école avec les réseaux sociaux et les outils de communication à distance, on parle alors de cyberharcèlement.

Les conséquences peuvent être nombreuses face à ce déchaînement de haine, isolement, manque de concentration, dépression, cela peut même aller jusqu’au pensées suicidaires et enfin l’acte. C'est un fléau qui touche environ 10% des collégiens, 4% des lycéens et touche surtout les personnes LGBT. Ce phénomène n'est pas très visible par les adultes car souvent les victimes ont peur d'en parler par peur des représailles ou alors par culpabilité. On peut donc se poser plusieurs questions :

- Comment faire pour lutter contre le harcèlement scolaire si le problème n'est pas visible ?

- Comment prévenir du harcèlement scolaire et lutter contre ?


Mais avant tout, voici quelques témoignages de personnes harcelées pour diverses raisons :


Ely, 16 ans :

Mon harcèlement a commencé a 12 ans quand j’étais en 5ème, je n’arrivais pas à me faire une place, donc j’ai commencé à être la cible de moqueries. Quand je suis arrivée en 3ème,je me suis posée des questions sur mon genre et ma sexualité, les gens ne comprenaient pas ces changements, alors certains ont commencé à dire que j’étais ce genre de personne qui se donnent un genre. Mon harcèlement a augmenté d’année en année, c’est passé de simple moqueries à humiliations et bousculades, même une fois j’ai reçu un mot sur mon casier disant que je ne serais jamais un homme.

Cette année j’ai découvert que j’étais non-binaire, j’en ai parlé avec des gens sur internet puis dans mon lycée mais ils ont pensé que ce n’était qu’un délire, des mensonges et que c’était pour me donner un style. Une seule amie m’a comprise et m’a soutenue mais beaucoup me jugeaient sur mon apparence et surtout ma coupe de cheveux. J’ai mis du temps à me rendre compte qu’on me harcelait mais maintenant je n’y prête plus attention. Mes impressions au départ étaient que ce n’était que des taquineries mais j’étais gênée, je pensais que c’était moi le souci car une personne de l’administration de l’établissement qui était censée régler les conflits entre élèves et faire en sorte qu’il y’ait une bonne ambiance pensait que c’était de ma faute, j’ai donc commencé à culpabiliser. Je me suis rendue compte par la suite que même à cause d’une petite blague répétée, il peut y’avoir de grandes conséquences.

Estelle, 17 ans :

Ça a commencé en 3ème, il faisait chaud, on était en plein été, et j'avais décidé pour la première fois de mettre une robe qui m'arrivait au genoux, je voulais juste essayer de changer mes habitudes. Je détestais et déteste toujours autant les robes aujourd’hui, mais je voulais juste essayer d'en porter une pour une fois. Je me rends au collège, et c'est la que le "cauchemar" a commencé. Je vais à mon premier cours, et la première chose à laquelle je prête attention sont les rires de mes camarades, qui me regardent de la tête aux pieds. J'avais déjà eu quelques soucis avec certaines filles de ma classe, mais là, c'était beaucoup plus de personnes. Je n'y ai pas prêté beaucoup attention au début, j'étais juste mal à l'aise. On sort tous du cours, et les gens continuent de me regarder et de rire. Je commence donc à me poser des questions : peut-être que j'ai un truc sur le visage, peut-être que j'ai mal mis quelque chose, dis quelque chose de mal la veille... Mais non, absolument pas. C'était juste à cause de ma robe.

Une très bonne amie à moi de l'époque m'a mise au courant de ce qu'il s'était réellement passé : insultes, moqueries... On m'a traitée de pute, on m'a dit que j'étais dégueulasse... Bref, on m'a fait comprendre que si je mettais une robe ne serait-ce qu'un seul jour, je devais m'attendre à me faire détester par ma classe. S'en est suivi une longue série de mauvais événements. Ma meilleure amie de l'époque, avec qui je partageais quasiment ma vie, m'a trahie. Elle et son groupe d'amies m'ont fait vivre un enfer. Entre harcèlement et cyberharcèlement, je n'ai réussi à trouver qu'une seule solution : la fuite. Je me suis donc repliée, j'ai perdue tous mes amis parce que je ne voulais plus souffrir à cause de quelqu'un. Je suis restée seule pendant 3 ans, j’ai commencé à me parler à moi-même pour passer le temps, j'essayais de me rassurer, de me dire que je n'étais pas seule et que ça allait passer, mais ça a fini par durer 3 ans.

Un jour, toujours en 3e, cette ancienne meilleure amie dont je parlais précédemment a décidé, toujours avec son groupe d'amies (qui étaient aussi mes amies d'ailleurs), de pousser la chose plus loin. J'ai été ajoutée dans un groupe Instagram, qui consistait à me dire tout ce qu'elles pensaient de moi. Elles m'ont envoyé des vidéos où elles m'insultaient, me rabaissaient. Je n'ai osé en regarder que deux et j'ai fini par quitter le groupe. J'ai encore pris la fuite. Je n'ai pas osé en parler à mes parents sur le coup, j'avais honte et je cherche encore la raison de pourquoi j'avais si honte aujourd'hui. J'avais l'impression que c'était de ma faute, que je n'étais pas assez bien, que c'était moi qui avait fait quelque chose de travers pour en arriver là, alors que pas du tout.

Après ça, les insultes ont continué jusqu'à la fin de la 3e, jusqu'à ce que tout le monde soit parti. Je suis restée dans ce lycée, et j'y suis encore aujourd'hui. Trois des personnes qui m'ont harcelées sont encore dans l'établissement dans lequel je suis scolarisé aujourd'hui, mais maintenant je n'ai plus peur. J'ai osé en parler après 3 ans d'hésitation et on a finalement découvert que suite à tout ça, j'étais entrée en phase dépressive, je le suis encore aujourd'hui mais je me bats pour essayer d'en sortir. J'essaie chaque jour d'affronter les épreuves de la vie, petites comme grandes et je sais maintenant que je peux compter sur des personnes qui seront là pour m'aider et qui me veulent du bien. Chaque jour j'essaie de tout faire pour me sentir un peu mieux, même si c'est difficile. J'ai recommencé à dessiner, j'ai recommencé à regarder des films, des animés, à lire, à écrire... j'ai recommencé à vivre. J'ai réussi à trouver un terrain d'entente avec ma dépression, même si ça arrive qu'elle reprenne souvent le dessus. J'ai réussi à me rapprocher des gens à nouveau et avoir confiance en eux. J'ai réussi à sourire à nouveau, après 3 ans de pur enfer, et à danser, chanter, crier, m'amuser... Et aujourd'hui, bien que j'ai toujours du mal à trouver une raison à tout ça, de trouver une raison de vivre, d'être présente, d'être la personne que je suis...Je continue et continuerai à me battre, parce que je sais que je réussirai à sortir de tout ça un jour et que je pourrai enfin essayer de retrouver ce qui me manque tant : être heureuse.

Que faire si vous êtes victime de harcèlement ?

Tout d’abord, il faut se poser les bonnes questions et ne surtout pas rester bloqué, plus le temps passera et plus la situation va s’empirer. La première question qu’on doit se poser dans cette situation est : « qu’es ce que j’ai fais ou pu faire pour que ça m’arrive ? »C’est une question à poser directement à ceux qui vous cherchent des ennuis, plusieurs réponses s’offrent alors à vous avec trois possibilités de sortie :

-Vous êtes dans un cas où vous avez fait quelque chose de mal à quelqu’un ou plusieurs personnes sans le savoir, dans ce cas, essayez simplement de vous racheter de toutes les manières possibles pour que cette situation prenne finet ainsi éviter l’engrenage.

- Quelque chose ne plaît pas chez des personnes, mais cela dépend de vous, comme par exemple le fait que vous soyez en surpoids, votre attitude ou comportement à l’égard des autres, le fait que vous soyez timide ou encore faible physiquement ou seul. Les harceleurs profitent de vos faiblesses, alors montrez-leur que vous pouvez changer et que vous aussi vous pouvez vous démarquer. Les gens ne le remarquent pas souvent, mais dans ce cas-ci, un message caché vous est transmis par ces violences ou ces moqueries, ils montrent que vous pouvez être une meilleure personne, alors profitez-en !

-Quelque chose ne plaît pas chez certains, mais cette fois-ci, cela ne dépend pas de vous, comme par exemple, votre origine ethnique, votre couleur de peau, votre sexualité, votre genre ou vos croyances religieuses. Si vous êtes dans ce cas, il faut aller en parler rapidement à un adulte comme vos parents, votre CPE ou le directeur d’établissement de votre école, car ce n’est absolument pas de votre faute si vous êtes d’une autre origine ou que vous soyez attirés par le même genre que le vôtre. Rappelons que cela s’appelle de la discrimination et doit être sanctionné par votre établissement.

Si aucune de ces solutions ne fonctionnent ou si elles ne vous conviennent pas, il existe d’autres solutions alternatives comme en parler autour de vous ou bien appeler le numéro « 3020 » qui est un numéro d’écoute au service des victimes de harcèlement scolaire et de leur familles.

Que faire si vous êtes témoin d’un acte de harcèlement ?

En premier lieu, il ne faut pas rester les bras croisés, essayez soit de détourner l’attention des agresseurs si la situation n’est pas entrain de s’emballer, en prétextant quelque chose pour que la victime s’éloigne, ensuite, en discuter pour comprendre la situation et trouver des solutions. Si vous voyez que la situation risque de mal tourner, prévenez le plus vite possible des personnes qui seront capable de régler la situation.

dessin par Ely