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La sexualité dans la Rome et la Grèce Antique

August 28, 2020

- La sexualité était un élément riche de la Grèce et la Rome antique. En effet, les relations sexuelles interhumaines étaient très développées mais aussi très retransmises dans l’art et la littérature. De plus, les relations homosexuelles étaient abordées différemment d’aujourd’hui et ont donc permis de donner à ces civilisations anciennes des particularités uniques comparées au monde actuel.

L’homosexualité dans la Grèce et la Rome Antique était-elle abordée de la même manière que de nos jours ?

Dans une première partie, nous résumerons les principes de l’homosexualité dans la Grèce et la Rome antique, pour ensuite étudier les textes littéraires et les œuvres d’arts qui évoquaient ce sujet.

- L’homosexualité, dans l’Antiquité, était très répandue et même fondamentale pour la société. Les pratiques homosexuelles, tolérées, étaient toutefois réglementées, seul le rapport Maître/Elève était accepté et tout mépris à ces normes était réprimandé. Dans la Grèce Antique, l’homosexualité entrait dans la culture des peuples car elle présentait un caractère pédagogique et initiatique, marqué par des rituels religieux et militaires. Plus communément appelée la pédérastie à cette époque, on encourageait seulement la relation, platonique, entre un homme mûr (éraste) et un adolescent (éromène), constituant pour ce dernier un rite de passage à l’âge viril tout en lui permettant de devenir un digne citoyen. L'amour entre hommes était, quant à lui, considéré comme indigne d'un citoyen honorable mais n’était pas puni. Ainsi l’adulte, en ayant des relations sexuelles avec l’adolescent, le formait à la vie sociale et politique jusqu’à l’âge de 18 ans; la femme, à cette époque, étant exclue et marginalisée, n’intervenait pas dans son éducation. Ces relations étaient cependant codifiées; en effet, l'éraste jouait le rôle de l'actif et l’éromène, l’obéissant, devait rester passif. Si ces rôles s’inversaient lors d’un rapport sexuel, l’adulte subissait de nombreuses critiques et la relation devenait donc immorale. De ce fait, la société grecque ne distinguait alors pas homosexualité et hétérosexualité mais pédérastie active et passive. Dans la Rome Antique, contrairement à la Grèce, l’éducation ne se fait plus par l’initiation sexuelle, ce sont les femmes qui s’en chargent. L’homosexualité est dorénavant perçue comme un moyen symbolique qui renforce la suprématie des citoyens libres. En effet, la virilité faisant l’objet d’un véritable culte à Rome, seule la relation entre un homme libre et un esclave était acceptée, montrant sa supériorité. Si le citoyen libre venait à être « soumis » pendant le rapport sexuel, il serait perçu comme incapable de bien diriger et d'être un bon politicien. Alors que le comportement efféminé visible était dénoncé, surtout en rhétorique politique, les relations homosexuelles modérées avec des prostitués mâles ou des esclaves n'étaient pas vues comme impropres ou diminuant la masculinité, si le citoyen mâle avait le rôle actif et non réceptif. L'hypersexualité (comportement sexuel humain se traduisant par un besoin permanent d'avoir des relations sexuelles) était cependant condamnée moralement et médicalement, aussi bien pour les hommes que les femmes.

- La « pédérastie » (du grec ancien παῖς/paîs, « enfant », etἐραστής/ erastếs, « amant ») désigne, à l’origine, une institution morale et éducative de la Grèce antique bâtie autour de la relation particulière entre un homme adulte et un garçon plus jeune. Au sens général, la pédérastie est présente dans de nombreuses cultures au fil des siècles, comme par exemple dans la Grèce et la Rome antique. Les Grecs anciens semblent avoir été les premiers à s'être exprimés au sujet de la pédérastie, à l'avoir étudiée et à l'avoir organisée et érigée en institution dans certaines cités. Divers indices permettent néanmoins de supposer que le modèle pédérastique de la Grèce antique a évolué à partir de rites initiatiques des sociétés de chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur.La pédérastie supposait un lien de couple entre un homme et un garçon déjà entré dans la préadolescence (donc à partir d'au moins douze ans). En Grèce, la différence d’âge est un élément qui rend la relation entre les amants estimable et digne de respect : elle s’affiche dans les lieux publics comme dans les banquets, elle est parfois même codifiée par la cité, et les mythes racontent des histoires d’amour et d’enlèvements érotiques entre un dieu puissant et un jeune mortel. Ce couple tenait sa légitimité de nombreux équivalents symboliques ou mythologiques en la personne des dieux ou des héros. À Sparte, il était directement institué par la loi. Athènes offre l'exemple le plus significatif de l'évolution d'une institution éducative aristocratique et guerrière en une pratique moins rigoureuse, davantage centrée sur l'esthétisme et les sens. Sur les céramiques, les grands adolescents musclés et vigoureux firent place peu à peu à des garçons plus délicats et souvent plus jeunes. Les relations pédérastiques perdurèrent en Grèce jusqu'à leur interdiction tardive par l'Empire romain, après que le christianisme fut reconnu comme religion officielle, puis seule religion d'État.

Pédérastie

- (à noter : l'expression "PD" utilisée vulgairement dans le XXIe siècle est un dérivée du terme pédéraste, que nous avons défini ci-dessus).

Maintenant que nous avons vu les principes de l’homosexualité dans la Rome et la Grèce antique, nous allons pouvoir aborder les différentes œuvres d’arts et textes littéraires traitant ce sujet.

- De nombreux auteurs latins majeurs se servaient de leur influence dans l'historiographie, l'art oratoire ou bien la philosophie pour parler de la sexualité. Nous pouvons par exemple citer : l'écrivain de comédie Plaute (184 av. J.-C.), dont les histoires tournent souvent autour de la comédie érotique ; l'homme d'État et moraliste Caton l'Ancien (149 av. J.-C.), qui offre des aperçus de la sexualité à une époque que les Romains considèrent comme ayant des standards moraux plus élevés ; le poète Lucrèce (55 av. J.-C.), qui traite longuement de la sexualité épicurienne dans son œuvre philosophique De rerum natura ; Catulle (50 av. J.-C.), dont les poèmes explorent une gamme d'expériences érotiques à la fin de la République, du romantisme délicat à l'invective brutalement obscène ; Cicéron (43 av. J.-C.), dont les discours attaquent la conduite sexuelle de l'opposition et dont les lettres sont truffées de ragots sur l'élite romaine. Sénèque le résume ainsi: "La passivité sexuelle est un crime pour l'homme libre, une obligation pour l'esclave, un service pour l'affranchi.". Pour Zénon de Cition, le fondateur de l'école stoïcienne, il faudrait choisir ses partenaires sexuels non pas en fonction de leur sexe ou de leur genre, mais en fonction de leurs qualités personnelles. Les relations entre deux hommes libres étaient tolérées mais faisaient face à des moqueries. Le lesbianisme, quant à lui, était très mal vu, on voyait dans cette relation une provocation à la toute puissance masculine. Cependant, la condamnation de l’homosexualité se fait de plus en plus entendre, notamment avec Cicéron qui perçoit l’homosexualité comme le reflet d’une société esclavagiste. « Les passions inspirées par les femmes sont bien plus autorisées de la nature. » Les lois romaines deviennent de plus en plus sévères envers l’homosexualité, la Lex Scatina de 226 punit d’ailleurs d'une amende l'amour entre deux hommes libres. Ces nouvelles réformes favorisent l’arrivée du christianisme, qui perçoit l’homosexualité comme un acte « contre nature ». Ainsi cette dernière, qui était encrée dans les cultures antiques, va être rejetée par la société chrétienne et subira de nombreuses répressions.

- Les attitudes et comportements sexuels dans la Rome antique sont aussi visibles dans l'art romain, les inscriptions et dans une moindre mesure dans les restes archéologiques comme les artefacts érotiques ou l'architecture. Il a parfois été avancé qu'une caractéristique de l'ancienne Rome est une « licence sexuelle illimitée » : certains comportements et attitudes sexuels dans la culture de la Rome antique diffèrent sensiblement de ceux de la culture occidentale. La religion romaine soutenait la sexualité comme un aspect de la prospérité de l’État, et les individus pouvaient se tourner vers des pratiques religieuses individuelles privées pour améliorer leur vie érotique ou pour améliorer leur fertilité. La prostitution était légale, publique et développée. Des peintures « pornographiques » faisaient partie des collections d'arts de foyers respectables.

- Les références aux relations sexuelles entre femmes sont peu fréquentes dans la littérature romaine de la République et du début du Principat. Ovide, qui promeut plutôt un style de vie hétérosexuel, considère le lesbianisme comme « un désir inconnu de tous, bizarre… parmi tous les animaux aucune femelle n'est saisie par le désir pour une femelle ». Durant l'époque impériale, les sources pour les relations sexuelles entre femmes sont plus abondantes, par exemple sous la forme de charmes d'amour, de textes médicaux ou de textes astrologiques et sur l'interprétation des rêves. Un graffiti de Pompéi exprime le désir d'une femme pour une autre :« J'aimerais pouvoir te tenir à mon cou et embrasser tes petits bras, et porter des baisers sur tes tendres lèvres. Vas-y, poupée, et confie tes joies aux vents ; crois-moi, légère est la nature des hommes ». Une des premières références aux relations homosexuelles féminines en tant que lesbianisme est trouvée chez Lucien (IIe siècle) : « ils disent qu'il y a des femmes comme ça à Lesbos, à l'apparence masculine, mais elles ne veulent pas y renoncer pour les hommes. À la place, elles fréquentent des femmes, comme les hommes. »

Œuvre d'art antique dans le thème de l'homosexualité

- Hétérosexualité et Homosexualité était donc deux termes à l’époque qui n’avaient pas leur place. Chaque citoyen était plus ou moins libre dans sa sexualité, même si certaines pratiques précises de relations sexuelles pouvaient dégrader sa réputation.

Aujourd’hui l’homosexualité est un sujet qui reste tabou et sensible dans la plupart des pays, avec par exemple 11 pays où l’homosexualité est officiellement passible de la peine de mort.